K. 228. Stela from Neak Ta Cih Ko, 11th century

Version: (8e7f35b), last modified (7c8604d).

Edition

⟨Face A: Face A

⟨A1⟩ [na]māmy umājānim ajāmvujākṣa-pārśvastham āsvasthyaharan narāṇām

⟨A2⟩ ++- vau yaḥ prathayan svakāryyaṁ tatsādhane nv induviṣe vibhartti

⟨A3⟩ [na]mantu mandadyutimaulim indu-khandan dadhe śr̥ṅgavaraṁ varāṅge

⟨A4⟩ Aṅge nu bhasmāpi sito vr̥ṣo me śr̥ṅgīti yo ṅgīkr̥tavān vr̥ṣābhām

⟨A5⟩ śrījāninājīyata yan trilokī lokaikadhāmātmasamānakāntim

⟨A6⟩ nūnaṁ vinamrā svayam īkṣamānā vilaṅghanenāpi vinā sakāmā

⟨A7⟩ jitaṁ vidhātrā yad ayuktarūpaṁ vinirmmitaṁ sarvvam atīva yo nu

⟨A8⟩ tat sādhutārthī vidadhad vivekan na kampate dyāpi kileva yogāt

⟨A9⟩ niruddhayogāmaratāṁ karoti yāṁ yā harārddhāṅgadharā tayeva

⟨A10⟩ śaptābhimukhyekṣaṇasaukhyahīnā svayaṁ śivaṁ vo vahatād umā sā

⟨A11⟩ namaddhvam adrīndrasutāṁ bhujaṅga-bhugaṅkam āvibhratam agraśaktim

⟨A12⟩ yāsūta sākṣād iva darśayantī śaktiprasūtin nijasaṅgam aṅgam

⟨A13⟩ Uccaiśśiroropitapādalakṣmīr lakṣmīndradordvandvavilāvanīndraḥ

⟨A14⟩ śrīsūryyavarmmāritamisrasūryyaḥ sūryyamvujojjr̥mbhanarocir āsīt

⟨Face B: Face B

⟨B1⟩ Avītadhīr yyo ’pi patiḥ prajānāṁ surūpadr̥gvān parameśvaro ’pi

⟨B2⟩ bhāsvāñ jagatsūditavān sadāpi tārādhirājo ’pi suniṣkalaṅkaḥ

⟨B3⟩ vaśīkr̥tair yyo vivudhair anekair guṇair yyathendro vidhr̥tāṅghripadmaḥ

⟨B4⟩ rājā sujātiśrutiśauryyaśālī śīlānvitas taptasuvarṇṇavarṇṇaḥ

⟨B5⟩ Āḍhyīkriyāyāviralīkr̥tāti-priyārthivarggo pi vadanyabhāvaḥ

⟨B6⟩ tathaiva yasya priyatām upeto niratyayaṁ prāha guṇapriyatvam

⟨B7⟩ ya eka eva prathitaḥ pr̥thivyām etāvatā kāntiguṇena kāmaḥ

⟨B8⟩ loke tadā yat suciraṁ sakārśyā ratis supuṣpā sa patir mmameti

⟨B9⟩ senāpatiś śaktidharo dharāyā nāthasya senānya Iva dyubhartuḥ

⟨B10⟩ tasyājiṣaṇḍārigajādhidāne siṅhehitaś śrīnr̥pasiṅhavarmā

⟨B11⟩ vīryyasya vuddher mahaso guṇasya dharmmasya kīrtyā vinayasya kāntyāḥ

⟨B12⟩ teṣāṁ samāsaktavatāṁ mahattvabhāraṁ yavīyān api yo nyavāhīt

⟨B13⟩ sarvvatra dattāni nayena yasya manye vadanyasya dhanāni nityam

⟨B14⟩ Āditsamāneva punas samānā cārupriyā dikṣu cacāra kīrttiḥ

⟨B15⟩ Āpoṣitād ātmakalābhir āpa dolāṁ suvarṇṇāṅkitavarṇṇaśobhām

⟨B16⟩ yo raikaraṅkādiyutāṁ irendrād āpūrṇṇatāṁ bhānumataś śaśīva

⟨B17⟩ graiveyanāmādipuraṁ purāṇa-santānavr̥ndasya sunaddhabhakteḥ

⟨B18⟩ nityaṁ yadīyasya pinākapāni-pādāravinde sti śivādhvarāḍhyam

⟨B19⟩ yasyādito vyādhapurāgravanV ++-+to nijamātr̥vaṅśaḥ

⟨B20⟩ rājyena vac +--+-+sya sa cā- varṇṇottamatāṁ prapede

⟨B21⟩ devarccanāgārav[i]dutvam eva svakāryyasaṁpādanasādhunāma

⟨B22⟩ śrīsūryyavarmmāvanipālarājye kulaṁ kulīnaṁ labhate yadīyam

⟨B23⟩ trāṁdāhajherlāṁpurarāṅkrasākhyaṁ pvārkhluṅpuran nāma mahīdharordhvam

⟨B24⟩ phsothpalaṁvilnāma ca yatpurāṇi puraṁ gaqāṅjroṅ iti santi sapta

⟨B25⟩ kanrācpuran dvipapurañ ca nīpapuran trisam̃khyāni purāṇi santi

⟨B26⟩ yasyādripāde pitr̥kārunāma pāde maror ekapurañ ca yasya

⟨B27⟩ śrīvīrendrādhipatyādi-varmmāntan nāma yo dadhat śrīsūryyavarmmasenānī raṇe śūra Ivarjuṇaḥ

⟨B28⟩ yaś śauryyatyāgadhīkīrtti-vinayādiguṇojjvalaḥ syālaś śrīnr̥pasiṅhādi-varmmāntābhikhyamantriṇaḥ

⟨B29⟩ tasya yadbhāgiṇeyau yau vr̥haspatisadāśivau nāmnānukalpitau puttrau vandhūnām iva cakṣuṣī

Translation into French by Cœdès 1953

1.

Je salue l’époux d’Umā qui se tient à côté de l’Incréé (Brahmā) et du dieu aux yeux de lotus (Viṣṇu), qui écarte le malheur des hommes, ... et qui, révélant son propre dessein, porte la lune et le poison (kālakūṭa) pour le réaliser.

2.

Salut à (Śiva) qui a pour diadème (la lune) au doux éclat ; bien qu’il ait posé sur sa tête cette corne parfaite qu’est le croissant de la lune, et qu’il ait enduit son corps de cendre tout en pensant: "c’est mon taureau qui est blanc et cornu", il a incarné l’aspect du taureau.

3.

Victorieux est l’époux de Śrī : la triade des mondes, voyant que sa beauté était identique à l’ātman ayant l’univers pour unique demeure, consentit aussitôt à s’incliner d’elle-même devant lui, sans qu’il ait eu à faire sa conquête.

4.

Victorieux est le Créateur. Comme s’il avait pensé que tout ce qu’il avait façonné était impropre, désirant le bien (de sa création) et ayant créé le discernement, il ne tremble certes plus depuis lors, grâce à l’union (avec ce qui est bien).

5.

Puisse Umā vous mener elle-même à la béatitude [ou : à Śiva], elle qui, portant la moitié du corps de Hara, a été privée du bonheur de le contempler en face, par suite de la malédiction de celle à qui elle avait donné l’immortalité destructrice des liens.

6.

Honorez (Umā) la fille du roi des monts qui a enfanté (Skanda) ayant pour signe le (paon) mangeur de serpents, et tenant l’épée (śakti) acérée, comme si elle manifestait aux yeux un corps qui fût son désir inné ét le produit de sa puissance (śakti).

7.

Il y eut (un roi), Śrī Sūryavarman, maître de la terre dans l’année marquée par les (9) ouvertures, la paire (= 2), et les (4) bras de l’époux de Lakṣmī, dont les pieds fortunés étaient placés sur la tète des grands, qui était un soleil pour l’obscurité des ennemis, et dont l’éclat faisait ouvrir ces lotus que sont les sages.

8.

Bien qu’il fût le maître de ses sujets [ou : Prajāpati = Brahmā], il n’était pas dépourvu de sagesse (avītadhī); bien qu’il fût un maître suprême [ou : Parameśvara = Śiva], il avait un bel aspect (surūpadr̥k); bien qu’il fût un héros [ou : le soleil], il était constamment levé sur le monde ; bien qu’il fût un roi brillant [ou : le roi des étoiles = la lune], il était sans tache.

9.

Comme Indra, ce roi avait les lotus de ses pieds portés par les sages que fascinaient ses multiples qualités, il était plein de noblesse, de science, d’héroïsme, il était doué de vertu et avait la couleur de l’or fondu.

10.

Douée d’affection à tel point qu’elle avait dispersé en les rendant riches, la foule des solliciteurs qui lui était très chère, la libéralité a proclamé sans faute son amour de la vertu.

11.

Seul sur la terre, il était reconnu comme Kāma à cause de sa beauté douée d’une telle vertu que pour longtemps, dans le monde, RaU aux belles fleurs, amaigrie (dit) : "Voici mon époux".

12.

Ce sauveur de la terre eut un chef d’armée, telle général du maître du ciel (Skanda), porteur de lance ayant le désir du lion pour la sécrétion frontale des éléphants ennemis dans la forêt de la bataille, (nommé) Śrī Nr̥pasiṁhavarman.

13.

Héroïsme, sagesse, puissance, vertu, dharma, gloire, conduite, beauté ; de ces (qualités) attachées à lui, il porta, bien qu’il fût plus jeune, le fardeau de la grandeur.

14.

C’est comme par désir de reprendre les biens donnés perpétuellement partout par ce roi généreux, que sa Renommée, semblable à une femme charmante, se répandit dans les points cardinaux.

15.

Du roi [ou : du maître de la nourriture = la lune] nourri de ses sciences [ou : de ses kalā], il a obtenu un palanquin ayant l’éclat coloré de l’or, accompagné de richesses, coupes en forme de crâne, etc., comme la lune (obtient) du soleil la plénitude (de son éclat).

16.

Par suite de la ferme dévotion que la foule de gens de son ancienne lignée professait pour les lotus des pieds de (Śiva) tenant un arc dans sa main, ils (possédèrent) à perpétuité la ville originelle portant le nom de Graiveya, riche en sacrifice à Śiva.

17.

Au commencement, son ... de Vyādhapura, .... de sa propre famille maternelle .... par le règne .... obtint la suprématie dans la caste des ...

18.

Sous le règne du roi Śrī Sūryavarman, sa noble famille gagna un bon renom dans l’accomplissement de sa tâche, et même ... de la salle du culte des dieux.

19.

Ses villes (pura) sont au nombre de sept sur la montagne : Traṁ Dāha, Jhe Rlaṁ, Rāṅ Kras, Pvār Khluṅ, Phso, Thpal Aṁvil, Gaāṅ Jroṅ.

20.

Ses villes au nombre de trois : Kanrāc, Dvipapura, Nīpapura sont au pied de la montagne, et une nommée Pitr̥kāru, au pied du désert.

21.

Celui qui portait un nom commençant par Śrī Vīrendrādhipati- et terminé par -varman, chef d’armée de ŚrI Sūryavarman, héros dans la bataille tel Arjuna,

22.

brillant par ses vertus : héroïsme, libéralité, intelligence, renommée, conduite, etc., beau-frère du conseiller portant un nom commençant par Śrī Nr̥pasiṁha- et terminé par -varman,

23.

eut deux fils, neveux de ce (dernier) nommé Vr̥haspati et Sadāśiva, tels les deux yeux de leur famille.

Commentary

This inscription is related to K. 229.

Bibliography

Edited by George Cœdès (1953, pp. 238–243) with a French translation, re-edited here by Kunthea Chhom from the estampage BNF 33.

Primary

[GC] Cœdès, George. 1954. Inscriptions du Cambodge, volume VI. Collection de textes et documents sur l’Indochine 3.6. Hanoi, Paris: École française d’Extrême-Orient. Pages 238–243.